Le Sablier De La Vie

La dépression, l’anxiété, et le fameux moment présent…

  • Un état anxieux découle de notre capacité à nous “projeter” dans le futur.
  • Un état dépressif découle de notre capacité à “voyager” dans notre passé.
  • Un état de paix intérieure découle de notre capacité à “être” dans le moment présent.

Donc la solution ultime serait de vivre à 100% dans le maintenant non? Je ne crois pas que ce soit optimal. À moins que je me trompe, l’humain est la seule espèce à avoir ces capacités uniques. Pouvoir revisiter à sa guise ses souvenirs du passé et être capable d’anticiper les possibles scénarios du futur sont des outils extrêmement utiles pour nous. Être tout le temps à 100% dans le moment présent éliminerait à coup sûr toute forme d’anxiété et de dépression, mais limiterait grandement notre potentiel d’évolution et d’accomplissement. Comme la plupart des trucs dans la vie: c’est une question d’équilibre. Tout est dans le dosage. Par exemple, quelqu’un qui est toujours dans le maintenant met probablement son espérance de vie à risque car l’aptitude à anticiper des dangers potentiels futurs pourrait être crucial à sa survie dans certaines situations. À l’autre extrême, quelqu’un qui navigue constamment entre ses souvenirs du passé et ses anticipations du futur ne vit pas vraiment, car la vie c’est maintenant.

Par rapport à la dépression et l’anxiété, le problème n’est pas notre capacité à retourner dans notre passé ou à simuler notre futur, c’est comment on réagit face à ceux-ci. Par exemple, soit on n’accepte pas la bad luck qui nous est arrivée dans le passé, soit on n’accepte pas la possibilité que tel ou tel scénario du futur puisse se produire. La non-acceptation peut aussi être appelé de la résistance.

Pour ce qui est du passé, on résiste à un fait qui a été et qui ne peut être changé; on résiste à la réalité en quelque sorte. Et plus on résiste, plus c’est lourd à porter. Résister draine beaucoup d’énergie; c’est très demandant à la longue. Pense à quelqu’un qui fait du kayak à contre-courant…

Pour ce qui est du futur, on résiste à ses multiples possibilités. Habituellement les moins bonnes, évidemment! En d’autres mots, on n’accepte pas que la pire situation puisse vraiment arriver. On se refuse de toute nos forces à envisager la possibilité d’e l”un échec, du rejet, d’une situation de honte, de la possibilité de développer une maladie grave, ou simplement de la mort. Oui, on résiste à la mort. Et ce, même si on sait pertinemment qu’elle est inévitable.

“Quand on résiste à un aspect du futur, on résiste à la vie.”

La vie, c’est un tout. Il y a des événements complètement amazing, et il y a des moments ultramerdiques. Les deux vont de pair; ils sont indissociables. Les décisions qu’on prend nous procurent un certain pouvoir sur notre futur, mais en aucun cas ça a le pouvoir de nous éviter la merde. Si tu t’obstines à ne vouloir que le positif et que tu tentes à tout prix d’écarter le négatif, tu t’engages dans un combat que tu ne pourras jamais gagner. Tu t’engages quotidiennement à dépenser ton énergie dans le vide. Les problèmes font partie de la game, c’est comme ton char, tu sais qu’il va péter, tu ne sais juste pas quand!

Que tu sois stuck dans le passé ou anxieux par rapport au futur, la qualité de ton expérience sur Terre en prend un coup. C’est une question de mindset. Si tu fais la paix avec les pires shits qui se sont produits dans ton passé et que tu acceptes la réelle possibilité que tous tes pires scénarios du futur puissent se produire, tu te libères. Donc, en acceptant l’existence du “négatif” et en prenant conscience que sa présence est OK, tu te décharges d’un poids inutile. La résistance peut enfin se dissiper et laisser place à un sentiment de légèreté. Une pratique du stoïcisme invite à méditer sur sa propre mort. Spécial non?! Ça sonne un peu morbide, mais quand on y pense, ça fait du sens. Si on fait la paix avec notre plus grande résistance; si on accepte “l’inacceptable”, après on peut faire face à n’importe quoi sans trop de soucis.

“Fait ce qui est facile et ta vie sera difficile. Fait ce qui est difficile et ta vie deviendra facile.”
– Les Brown

Ça a l’air relativement simple tout ça, mais la simplicité et la facilité sont deux concepts totalement différents. L’acceptation est un défi de taille qui se doit d’être apprivoisé petit à petit. On entend souvent parler du laisser-aller dans les livres sur le bonheur et dans la sphère du développement personnel en général. Ça semble être l’élément clé pour accéder à un état de bien être, mais ça veut dire quoi au fond?? Le laisser-aller ce n’est pas tant de s’en crisser, c’est plutôt l’acceptation dans sa forme la plus pure. Accepter sans jugement ce qu’on ne peut changer et s’adapter si c’est possible. Quand tu navigues dans le sens du vent au lieu d’être à contre-vent, la ride est bien plus smooth…

-DEE!