C’est l’histoire d’un gars qui trippait tellement sur l’Halloween qu’il portait son masque du matin au soir, 7 jours sur 7. Un masque d’une qualité remarquable muni de couleurs ultraréalistes et d’une multitude de détails à couper le souffle. Malgré son poids non négligeable, Marky l’enfilait sans faute tous les matins avant de quitter la maison. Il aimait l’effet qu’il provoquait sur les personnes qu’il croisait durant ses journées à l’école ou ailleurs pendant la fin de semaine. Étant donné que le thème de son masque était basé sur le film populaire du moment, Marky recevait beaucoup de love de la plupart des gens et, bien évidemment, ça le faisait sentir vraiment bien. Depuis qu’il avait commencer cette habitude, il se sentait finalement accepté par les autres étudiants de son école secondaire. Certains se moquaient de lui et le jugeaient, mais bon, ça ne l’atteignait pas trop car, au fond, ils avaient bien le droit de ne pas aimer le film non?!
Un matin, Marky s’est réveillé avec un terrible torticolis. En dépit des efforts déployés, il lui était impossible de supporter le poids de son masque tant aimé. Son premier réflexe a été de faker d’être malade, mais la mère à Marky n’était pas dupe. Il était hors de question qu’il reste à la maison. Il devrait donc passer au moins une journée d’école sans son précieux masque… Le stress s’est mis à monter en lui d’un coup sec: “Shit, j’ai toujours porté mon masque, qu’est-ce qui va se passer? Les gens vont-ils me reconnaître? Mes amis vont-ils m’aimer même si je ne porte pas le masque qu’ils trouvent tant hot?” se demandait-il en train de carrément freak the fuck out intérieurement.
Pour faire une histoire courte, la journée a été tout simplement atrøce! Toutes les personnes qu’il croyait être ses amis se sont retournés contre lui et se sont mis à se foutre de sa gueule sans aucune retenue. Pas une seule personne n’est restée à ses côtés! Et wow, tous les jugements gratuits qu’il se faisait lancer de tous bords tous côtés l’atteignaient direct au coeur. La douleur était si vive; l’émotion si inconfortable. Marky avait de la difficulté à se rappeler c’était quand la dernière fois qu’il s’était senti autant vulnérable… Il a rapidement pris la décision de se la jouer low profile pour le restant de la journée. Il se réfugiait dans sa tête et tentait de démystifier “the fuck is going on” ?!
La journée tirait heureusement à sa fin et Marky attendait impatiemment l’autobus entouré de plusieurs autres écoliers. Étant spécialement très tendu, sans trop réfléchir, il s’est mis à faire discrètement du beatbox pour se calmer les nerfs. À la maison, Marky faisait régulièrement du beatbox juste pour le plaisir. Cependant, il n’en avait jamais fait en public car il avait toujours son masque qui couvrait son visage. Malgré ses efforts pour demeurer furtif, Denny, un adolescent à proximité, avait l’oreille fine et se rapprochait tranquillement de cette mélodie qui l’attirait. Denny a abordé Marky en le complimentant sur ses sick beats et ils ont commencé à jaser ensemble de tout et de rien. Fait à noter, l’afro de Denny était tout simplement glorieux. Hummmm, anyway, qu’est-ce que je disait déjà… Ha oui, ils ont vite compris qu’ils avaient une passion commune pour la musique. Le courant passait bien entre eux, c’était juste naturel. Marky sentait comme une espèce de légèreté, il avait l’impression qu’avec Denny il pouvait être lui-même et que c’était assez. Le moment venu, ils se sont quittés pour prendre chacun leur autobus.
Le lendemain matin, Marky s’est réveillé et son cou était “top $hit”. Il a pris son masque dans ses mains et l’a regardé quelques instants en repensant au moment qu’il avait passé avec Denny. Il repensait à cette connexion surprise qu’il n’aurait jamais vécue s’il aurait porté son masque. Sans hésiter, il a shooté son masque en dessous de son lit. Ça a été la dernière journée où il a porté un masque. À part bien sûr à l’Halloween! Marky a réalisé, après coup, que le masque qu’il portait constamment lui servait à se protéger contre le jugement des autres, mais, en même temps, lui bloquait l’accès à de vraies relations dans sa vie. Le fameux torticolis qu’il jugeait au début comme étant une malédiction était en fait, après révision, bel et bien une bénédiction. Suite à cette journée difficile, Marky avait eu la chance de comprendre que mieux vaut 1 ami authentique que 20 motherfuckin’ fake friends.
En conclusion, Marky déclare:“Fifteen years later, Denny still got his epic fro, and also, he’s still my best brø!” Il connait mes qualités, ainsi que mes défauts et il m’accepte comme un tout. Il m’aime pour qui je suis vraiment. Tout ça parce que, un mardi d’été, par pur accident, j’ai eu le courage de me montrer, aussi peu soit-il, moi-même à la vue de tous. Depuis cet événement, je n’ai jamais ramené le personnage, je suis “juste” moi. Authentique en tout temps.
“Si tu m’aimes, Great. Si tu m’aimes pas, Great.”

