Dans la réalité dans laquelle on vit, la permanence est une illusion. Rien n’est pour toujours, même le soleil n’est pas une source d’énergie illimitée. Il est estimé qu’il devrait manquer de juice dans environ 5 milliards d’années. Mais si notre mythique soleil est temporaire, quoi d’autre l’est?! Une relation amoureuse… temporaire. La personne pourrait te quitter, tu pourrais la quitter, et même si c’est pour la vie, à un moment donné la mort se pointe. Ton char que t’aimes tant… tant_poraire. Tes parents… temporaire. Ta mobilité physique, ton acuité intellectuelle, ta santé optimale… temporaire. La société telle qu’on la connait… temporaire. Tout change, chaque moment est unique et on ne le revivra jamais. Non, JAMAIS. Petit souper tranquille avec ta famille, rien de spécial, on n’en fait pas un cas. Une semaine plus tard, ton frère perd la vie dans un accident de voiture. Rien ne sera plus jamais pareil. Tu t’en veux de ne pas avoir donné assez d’importance à cette soirée. Avoir su, t’aurais pas gossé sur ton cell la moitié du temps… C’est ça l’affaire, on l’sait pas. Honnêtement, si on savait tous le futur, ça manquerait de piquant. L’excitation ne serait plus, la vie perdrait sa magie. Chaque moment est unique & spécial. Toi, moi, nous tous, en ce moment, on défit massivement les odds comme ça fait pas d’sens! Un météorite pourrait percuter la Terre ou un super volcan pourrait se réveiller et nous couper l’accès au soleil. La marde pourrait pogner entre nous aka guerre nucléaire, assaut bactériologique, attaque cybernétique, name it… Dans un autre angle d’idées, juste que tu sois LE spermato qui ait gagné la course… well played!
Ton appart pas cher… temporaire. Le proprio pourrait faire emménager sa fille l’année prochaine et t’obliger à bouger. La vie… temporaire. Mais ça, on le sait déjà, et pourtant c’est si facile de l’oublier! Plusieurs d’entre nous vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir. Personnellement, je fais parti de ces gens. Je suis smooth as fuck, on dirait que je n’ai pas le sentiment d’urgence de vivre que d’autres semblent avoir de façon inné. Je donne tout ce que j’ai au fond de moi pour réveiller ma drive de vivre et éclater mes peurs de ci et de ça, qui au bout du compte, sont d’une totale insignifiance. J’ai beau entièrement comprendre la logique, mais on dirait qu’il y a des trucs qui semblent encrés profondément en moi. Malgré tout, j’essaie de chérir chaque moment comme si c’était le dernier. Parce qu’en fait, dans un sens ça l’est. Que ce soit une bonne chose ou non, que ce moment soit atroce ou magistral, ce moment ne reviendra pas. Les “règles du jeux” sont établis, c’est un simple fait. Plusieurs y résistent ou tentent de les changer, quand au final le seul réel pouvoir qu’on a c’est de contrôler notre perception des choses. L’aspect temporaire de la vie “suck le pain” quand tu focus sur un épisode magique de ta vie car tu aurais tellement voulu rester là plus lontemps. Par contre, c’est une freakin’ bénédiction quand t’es dans une mauvaise passe. Là tu remercies le ciel que ça soit temporaire!
Tu viens de rencontrer une femme incroyable et il y a la vibration épique du début; un heureux mélange d’excitation et de stress… Oups, voilà ce moment merveilleux qui glisse tout doucement au loin. C’est déjà du passé, il fallait l’apprécier sur le coup; savourer pleinement les vapeurs du maintenant.
“C’est seulement entre la futilité du passé et l’illusion du futur qu’on peut saisir l’essence volatile du présent.”
-DEE
J’ai entendu dans un podcast un invité qui demandait à l’hôte quel âge avait ses parents et combien de fois il les voyait par années. Il a répondu qu’ils avaient 65 ans et qu’il les voyait à peu près 2 fois par année. L’invité lui a par la suite dit qu’en se basant sur l’espérance de vie moyen des gens au États-Unis (78 ans), il estimait qu’en gardant la même fréquence, il allait pouvoir passer du temps avec ses parents plus ou moins 26 fois avant qu’ils meurent. BOOM. Ça m’a shaké solide! Comment un petit calcul si simple peut-il avoir un impact autant puissant? Gages-tu, qu’après coup, l’hôte a boosté sa fréquence de visite…
C’est quand on vit une perturbation majeure qu’on comprend vraiment que la vie est précieuse; qu’on l’internalise solidement au fond de nous-même. Pendant un instant, du moins… parce qu’on dirait qu’on retombe vite dans nos vieilles habitudes de prendre la vie pour acquise. Je trouve ça difficile d’accepter qu’on va mourir, en tout cas, si tôt. J’aime la vie, mais tsé, messemble que je prendrais au moins 100 ans de plus! Par contre, je commence à comprendre l’importance cruciale de tous les trucs qui nous font chier: le stress, la douleur, la peur, la misère, l’inconfort, la honte, la mort. S’il n’y avait rien de ça, tout ce qu’on aime n’aurait plus autant de valeur et la vie perdrait de son charme sans son “deadline”.
Qu’est-ce qui donne de la valeur à quelque chose en ce monde??
- L’UNICITÉ: “Le seul et unique Whopper au Bacon de Licorne!”
- LA RARETÉ: “Bobettes portées par Scarlett Johansson, seulement 10 paires disponibles!”
- LE FACTEUR TEMPORAIRE: “Le beigne triple chocolat édition Denzel Washington, pour un temps limité seulement!”
Tout comme le Denzel Donut, la vie est pour un temps limité. Donc, I guess qu’il faut en profiter pendant que ça passe!
Parmis la panoplie d’impermanences de la vie, s’il y en a une que tu n’as absolument pas besoin de te soucier, c’est la tienne. Quand tu meurs, tu n’as rien à gérer, c’est les autres qui doivent vivre avec ça. Et plus ils s’accrochent, plus ils souffrent. On crée nous-même notre souffrance.
“What are you so afraid of losing, when nothing in this world actually belongs to you?!”
-Marcus Aurelius
Lorsqu’on résiste à la réalité, on se bat contre la vie. Assurément, on ne gagne jamais, car les règles de l’univers ne sont pas négociables. À son rythme, chacun finit par comprendre l’art du laisser-aller. On apprend à lâcher du lousse sur notre tendance à vouloir tout contrôler. On a certainement du contrôle sur plusieurs facettes de notre vie, heureusement. Cependant, je crois que les grandes ficelles de notre “destin” nous sont inaccessibles. Et, à mon avis, plus tôt on accepte ça, mieux c’est. La paix peut finalement s’installer en nous et la douceur s’invite alors dans notre vie.

